Runes of magic Jouez maintenant
JouerL’an passé, durant la période des fêtes de Noël, nous avons, avec le soutien des joueurs de Runes of Magic et de Bounty Bay Online, collecté des fonds pour un projet d’aide aux enfants dans le Royaume du Bhoutan.
En début d’année, l’organisation Save the Children a commencé à mettre en œuvre ses projets grâce aux 82 000 euros récoltés par nos soins.
Si vous voulez découvrir ce que nous avons vécu au pays du « Dragon tonnerre », cliquez sur « Lire la suite ».
Notre vol, parti de Bangkok, survole l’Himalaya et ses sommets enneigés en direction de Paro. De manière spectaculaire, le pilote de notre airbus A 319, l’un des deux avions appartenant à la compagnie royale Druk Air, traverse une étroite gorge. A chaque virage, les ailes viennent frôler les parois des montagnes qui nous entourent. Finalement, nous voyons poindre au loin sur les versants des montagnes les maisons à colombages aux milles couleurs et finissons par atterrir dans une vallée de Paro ensoleillée et traversée par un torrent impétueux. Nous sommes à Druk Yul, la « Terre du Dragon tonnerre », nom donné par ses habitants au Royaume Himalayen du Bhoutan.
Notre chauffeur, Dorji, qui durant les prochains jours va nous mener à travers les chemins rocailleux et les cols de la région, nous attend déjà à l’aéroport muni de son petit panneau. Après un chemin qui nous a menés le long de routes sinueuses et de vastes vallées, nous arrivons enfin à Thimphu, la capitale du Bhoutan. Une fois nos bagages déposés à l’hôtel, nous nous rendons directement au bureau local de Save the Children. Sur place, l’équipe bhoutanaise nous accueille chaleureusement et nous présente l’organisation ainsi que ses différents projets.
Le programme sponsorisé par Frogster se consacre principalement à l’éducation des jeunes ainsi qu’à l’accès et à l’utilisation des nouvelles technologies par ces derniers. Depuis maintenant 15 ans et malgré la situation géographique isolée du pays, les Bhoutanais profitent des mêmes avancées technologiques (ordinateurs, internet, téléphones mobiles) que le reste du monde. Ces évolutions n’ont bien entendu pas été sans conséquences. En effet, même s’ils continuent à porter l’habit traditionnel multicolore, les bhoutanais, et plus particulièrement les jeunes, sont confrontés quotidiennement à la culture occidentale ainsi qu’à celles des pays « voisins » (Inde, Japon, Corée et Chine). De fait, trouver un cybercafé ou une salle de jeux à Thimphu s’avère plutôt facile.
L’équipe nous explique ensuite qu’un des projets sponsorisé par Frogster vise notamment à équiper et à gérer des centres pour jeunes à travers le pays. Ces centres disposent de petits terrains de sports, permettant de pratiquer différentes activités allant des échecs au tennis de table, mais aussi de salles informatiques avec accès internet, de bibliothèques, de photocopieuses ainsi que de services de reliure. Ces équipements permettent aux jeunes de pratiquer un grand nombre d’activités, comme la danse, la musique, les excursions, les ateliers et les cours. Lieux d’accueil pour les jeunes, ces centres sont également des lieux de conseil et d’assistance aux adolescents. Les jeunes peuvent appeler les services d’assistance de ces centres pour demander conseil sur de nombreux sujets, comme la situation scolaire, la drogue ou les relations aux autres.
En plus de l’assistance dans les centres ou par téléphone, Save the Children a également mis en place un service de conseils en ligne. Les ados peuvent ainsi se renseigner sur les possibilités de poursuite d’études qui leur sont offertes, en Inde notamment. A la fin de leurs études, la plupart des jeunes rentrent dans leur pays afin de contribuer au Bonheur National Brut de ce dernier.
Save the Children a déjà fondé 7 centres pour la jeunesse dont 2 dans la capitale. En 2010, ce sont près de 21 804 jeunes qui ont pu profiter de ces installations. Trois nouveaux centres devraient sortir de terre d’ici 2013. Tous ces centres pour la jeunesse sont gérés de manière officielle par le département à la jeunesse et aux sports du ministère de l’éducation. A moyen terme, il est prévu que les communautés locales et les jeunes prennent en charge la gestion des centres.
Le deuxième projet soutenu par Frogster vise à établir un dialogue entre les parents et les élèves au sujet des problèmes grandissants liés à la modernisation brutale du Bhoutan. Depuis son lancement en 2000, le programme « School-based Parent's Education & Awareness Programs » (SPEA) a rassemblé, dans près de 138 écoles situées dans les 20 districts du pays, les parents autour d’ateliers visant à les sensibiliser sur les besoins et les soucis rencontrés par leurs enfants. Ce sont en tout 13 462 parents qui ont déjà participé à ce programme, ce qui représente environ 78,2 % des enfants scolarisés du pays. Ainsi, c’est l’ensemble des écoliers du Bhoutan qui a pu profiter du programme. Après une phase de retrait progressive de Save the Children, c’est le gouvernement bhoutanais qui prendra le relais du programme à partir de 2013.
Grace aux fonds de Frogster, Save the Children a également pu lancer l’impression de 2 magazines de conseils pour jeunes, magazines qu’elle a distribués dans les écoles du pays. Appelés « Youth Digests », ces deux journaux traitent des problèmes et des questions que se posent tous les ados. A chaque nouvelle édition, les jeunes lecteurs ont la possibilité de choisir les thèmes qui seront abordés ainsi que de participer au processus de production. Ghaley, directeur de Save the Children Bhoutan, prévoit d’ailleurs que, dans le futur, les jeunes participent encore davantage au projet.
La population du pays dépend encore à 70 % d’une agriculture de subsistance, notamment dans les régions lointaines et rurales des sommets himalayens. Le pays vend et exporte des épices ainsi que des fruits, dont le fameux piment que l’on voit séché sur les toits de toutes les maisons bhoutanaises. Le Bhoutan dispose également d’importantes réserves d’eau douce. Enfin, le tourisme équitable (trekking, alpinisme) et les minerais sont deux autres ressources importantes du pays.
Après ce cours intensif sur l’économie du pays, Ghaley nous a accompagnés à la réception du ministère de la culture. Le directeur du département à la jeunesse et aux sports a pris le temps de nous accueillir et de nous présenter, en compagnie de membres de l’équipe dirigeante, les projets dont il est en charge. Ici encore, il semble que, tout comme dans les associations, l’administration soit équipée de matériel moderne. L’utilisation d’ordinateurs portables, de projecteurs ou de Powerpoint est quelque chose de tout à fait normal ici.
Le directeur Chencho Dorji nous a expliqué que le Bhutan organisait ses ressources en plan quinquennal. Le plan actuel prévoit d’assurer un accès à l’éducation à cent pour cent des adolescents du pays – Un travail loin d’être facile, lorsque on sait que certains trajets en voiture vers des régions isolées peuvent prendre jusqu’à deux jours. Dans chaque district, le gouvernement a installé un bureau à l’éducation en charge de coordonner l’éducation et la formation dans ces régions.
Le samedi, nous avons pu enfin constater de visu les projets mis en place. Tout d’abord, avec la visite d’un atelier du programme SPEA. Cet atelier qui se tenait au collège de Babesa a rassemblé près de 20 parents qui n’avaient pas encore eu la chance de participer à un de ces ateliers. Les précédents ateliers qui avaient eu lieu dans ce collège avaient rassemblé environ 30 parents. L’atelier a commencé avec un groupe de travail qui traitait des problèmes typiques rencontrés par les parents avec leurs enfants : différences de point de vue sur l’argent de poche, conflits parents-enfants, enfants qui sortent trop tard, influence des amis, voilà quelques unes des questions qui ont été abordées – des problèmes rencontrés par les parents du monde entier. En plus des parents, certains jeunes sélectionnés ont pu prendre la parole lorsque le professeur les invitait à le faire.
Par la suite, nous avons eu l’occasion de visiter l’un des ces centres pour la jeunesse situé dans la capitale. A notre arrivée dans ce centre se trouvant dans l’une des nombreuses nouvelles zones résidentielles, nous avons pu constater que le terrain de basket était loin d’être abandonné. Dans une des salles de classe, un photographe venu de Singapour tenait un atelier photo pour les jeunes du centre. La salle informatique semblait elle aussi très appréciée, les jeunes étaient soit sur Facebook soit en train de jouer à des jeux.
Dans la salle voisine où a été installée une petite bibliothèque, les plus petits, encadrés par une monitrice, étaient occupés à dessiner et à bricoler. Nous nous sommes beaucoup amusés à rafraîchir notre art de l’origami et à apprendre aux enfants comment faire un bateau ou d’autres figures. Les photos accrochées aux murs du centre témoignent des nombreuses activités qui sont proposées aux enfants (camps d’orientation, sports de combats, classe de musique). De célèbres acteurs et chanteurs bhoutanais ont également apporté leur soutien et ont participé aux activités du centre. Certains de laisser un centre bien géré et bien organisé, et contents d’avoir vu la soif de participer des enfants, nous sommes partis faire le grand tour des temples de Thimphu.
Cette visite nous a menés d’un gigantesque Buddha doré accroché à flanc de montagne, aux humbles demeures de la famille royale, en passant par d’immenses monastères (appelés Dzongs) pour terminer au mémorial national Chorten, un grand stūpa aux nombreux moulins à prières qui a été érigé sur ordre de la reine mère à la mort de Jigme Dorji Wangchuck, le troisième roi du Bhoutan.
Pour finir, nous avons fait une petite balade dans le centre-ville de Thimphu, qui, avec ses maisons en bois, rappelle un peu un village typique des Alpes.
Le lundi, l’équipe de Save the Children avait prévu une randonnée qui allait nous mener vers le symbole du pays, le monastère de Taktshang, qui, tel un nid d’aigle accroché à une falaise haute de 100 mètres, domine la vallée de Paro. Le nom de ce lieu signifie « Nid du Tigre ». En effet, d’après la légende, un grand chef spirituel bouddhiste se serait rendu à dos de tigre ailé jusqu’à ce sommet afin de transmettre les préceptes de Bouddha au Bhoutan.
La visite d’un ancien fort en ruines situé à proximité d’un petit village perché sur un des sommets à 6000 mètres couvert de neige a clôturé notre séjour au pays du Dragon Tonnerre sous un magnifique soleil, et de la plus belle des manières.
Nous souhaitons remercier encore une fois l’ensemble des joueurs de Runes of Magic et de Bounty Bay Online pour avoir soutenu avec nous ces magnifiques projets dans ce fantastique pays. Nous espérons que ce petit journal de voyage vous a plu et nous sommes déjà en train de réfléchir au développement futur de ces projets.